L’intelligence artificielle : entre question et perspectives. Pigeon de Delphi
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DescriptionAutour de moi, j’observe la même quête animant la totalité.N’étant pas disjoint de cet ensemble de consciences peut-être égarées. Une grande ambition.Donner forme à l’« à-venir ». Et comment ? Selon quelle modalité décider ce qui doit venir…Sentir un souffle qui nous oriente, rejoindre le courant et toujours nous faire emporter par le vent.C’est précisément notre idée de « l’à-venir », soigneusement bourrinée.La preuve dans le passé que c’est cette idée qui va sculpter notre impression du présent, et celle-ci définissant notre application, puis bâtissant l’aube de jadis. N’oublions que nos représentations du futur déforment notre présent.L’intelligence artificielle n’est en rien épargnée par cette vocation qui tranche notre monde.Alors que le présent se révèle comme flou, nous voilà architectes qui préférons contourner ce qui existe déjà, pour bâtir ce qui sera ou ne sera pas.La conclusion, vous l’aurez bien deviné :Il ne sert à rien de prédire avant de définir.Il s’agirait donc, plaît-il, de rétablir nos définitions, concernant ces programmations…Donc appliquons ceci en nous appuyant sur aujourd’hui, parmi d’innombrables sujets, pourquoi ces questions évoquent de la peur et de la fascination ? Parce que nous sommes toujours à la poursuite de la conclusion, c’est précisément ici que naît notre trouble face à l’intelligence artificielle.Nous préférons demander au futur de nous rassurer ou même de nous désespérer, pourvu qu’il nous livre ses réponses sous forme solide et absolue avant même qu’il n’ait pris forme solide ou qu’il soit absolu.L’intelligence artificielle va-t-elle nous remplacer ? Que restera-t-il de l’humanité ?Pour combien de temps, allons-nous pour l’éternité, continuer de nous distinguer ?Y a-t-il un risque d’extinction de notre espèce ?Et quel rôle vont jouer les intelligences artificielles dans les carnages entre diplomates des nations ?Sommes-nous capables de distinguer quand elle est outil et lorsque qu’elle représente menace pour notre identité ?Mais il est évident que ce n’est pas tant la réponse à ces questions qui nous trouble, mais c’est l’absence même de réponses. Un grand vertige naissant par l’hésitation et le besoin de position.Chaque approche laisse traîner un arrière-goût amer : le doute, plus on avance plus, par un réflexe de sécurité, on se sent obligé de le faire baisser d’un ton.Face à cela, je n’ai pas décidé de vous convaincre. On cherche un oui sans nuance, un non sans exception, des certitudes, prêtes à classer et à se rassurer.Je n’ai pas l’intention d’affirmer quoi que ce soit sur l’intelligence artificielle avec certitude. Peut-on se permettre une telle action légitimement ? Je ne donnerai pas mon avis, le vertige est trop profond pour offrir une forme à ce que je ressens. Désolée de ne pas pouvoir vous vendre un oui ou un non, mais je vais quand même essayer de fournir la recette pour ces solutions. Pourquoi me demander vous des fragments fixes sur le danger et les exploits potentiels concernant nos robots, alors que nous sommes constamment en mouvement.J’ai mené mes recherches et investi beaucoup d’efforts.Ce présent me fascine, me dépasse ; puis c’est quand même mon à-venir comme l’on dit, un « à-venir » terriblement présent.Ce n’est pas l’intelligence artificielle qui nous menace, elle ajoute seulement son propre vertige et fait, à son tour, frémir un vide déjà présent, c’est le même pour chaque phénomène qui nous dépasse, ce qui demeure insaisissable.Peut-être qu’il n’y pas d’autres moyens que celui de s’avouer, que c’est juste encore une autre crise existentielle, cette fois plutôt médiocrement cachée.Cette même inquiétude aux formes inépuisables, qui nous mène toujours à la même destination : tous les chemins mènent à Rome, ou du moins vers le besoin fondamental d’atteindre un objectif mystérieux.L’intelligence artificielle me met face au miroir, et me force à contempler à nouveau l’incertitude sous un autre angle, ajoutant à notre vertige collectif ce qui nous est familier dans nos vies intimes, ce tremblement plus ou moins discret, qui surgit proportionnellement à la durée pendant laquelle le regard est détourné.Et pour maintenir ce regard détourné, nous nous contentons de spéculer sur ce qui pourrait être. Nous concluons, avant même de nous demander, ce qu’il en est réellement, afin de délester notre esprit du poids de la réflexion.D’abord, on mélange le vrai et le possible, par la suite, on cherche, plein de désespoir, les frontières que nous avons tellement bien cachées, que l’on ne sait même plus si elles continuent d’exister.Un souvenir d’enfance persiste, j’étais devant mon yaourt à la vanille, et à travers le verre, j’aperçus un point noir qui semblait bouger. Cela m’effrayait et face à mon incompréhension, je cherchais persuadée que j’allais trouver quelque chose comme un insecte, rien, j’agitais la cuillère avec désespoir, finalement, j’ai dû me décider entre continuer de manger ou de le jeter. Choisir devient une véritable épreuve quand on ne se satisfait pas de l’instant. Décidée de ne pas prendre le risque de tomber sur une mauvaise surprise, j’ai sorti ma cuillère et le point noir et est sorti en même temps. C’était moi le vilain insecte, à l’aide d’une cuillère, le point qui frottait le pot du verre.Nous voilà victimes et coupables de notre vertige.Nous avons l’impression de trébucher sur une incertitude propre à notre époque, à la couche plus épaisse. Pourquoi nous semble-t-elle plus lourde aujourd’hui ?Évidemment, c’est notre fruit, notre œuvre façonnée, douée d’un certain discernement, qui nous demeure étranger.Et pourtant, c’est nous seuls face à notre solitude qui l’avons créée et allons-nous assumer notre partie de responsabilité ?Orphelins unis par l’abandon de toute garantie, nous essayons de donner vie à ce qui nous a trahis.En s’imaginant façonner cette lueur forgée d’esprit, ce simulacre animé qui ne partage rien avec la finalité qui semblait combler un manque que nous ne savons pas jusqu’à présent nommer. Car comment baptiser ce qui nous échappe, quand la semence récoltée fait que refléter et multiplier l’orphelinat, dont elle a germé.Qu’on ne prête à mes mots un sens pondéreux qu’ils ne détiennent pas, il s’agit ici uniquement de mon constat.En vérité je vous le dis, si je vous permets sans et même avec condition la lecture de mes pressentiments, votre usage de mes mots ne ferait que justifier ma méfiance. Pire ! Persuadé d’avoir progressé et atteint une base plus solide, maintenant maître du sujet, il est temps de recruter dans vos prochaines discussions de nouveaux naufragés.Je ne condamne en aucun cas notre besoin inexorable, il nous force à prêter forme, une incarnation portant en elle son évaporation, à ce qui resterait nébuleux et ne serait point sans interprétation…Je vous en prie explorez, mais êtes-vous sous l’autorité du vertige ou de la vérité ?Que ces mots élus, la parole, le logos, orienté, nous rappelle le devoir du sacrifice dans l’abstraction.Que les résidus de ma réflexion et que mon écriture, finalement, soit le sacrement de ma soumission.Mais nous avons oublié que vivre, c’est d’abord consentir au vertige.Nous sommes tous terrifiés, sous le regard de l’aujourd’hui, du demain, qui semble nous réserver une conscience sans souffle, un destin incertain. Tout ça, alors que le vent nous portera (ou juste portera).Ne vous tourmentez pas, le changement n’a jamais été étranger à l’être, et pourtant, ce sera toujours la toute première fois, pour nous et pour lui. Un chaos ancien et pourtant depuis l’éternité à jour que nous occupons dans le moment même, le sommet de l’existence entière, ou encore simplement ce que nous appelons le présent. Je vous avais promis la recette des solutions, c’est plutôt une fragile intuition.Troublé par le doute et pourtant décidé de massacrer et de bouleverser ma perspective, je vais m’en servir presque sans la trahir. Pour lui donner une assise, même si l’assise restreint leur être, au fond, j’y crois encore à ce fantasme qu’elle pourrait semer une espèce de liberté.Comprenez ceci comme le nom du présent et je vais vous aider à soulever le voile qui recouvre son nom.Tenir les yeux ouverts, avancer dans le noir foncé, et résister à la fuite sous la pression du tumulte de votre propre pensée. Ne pas résister aux souffles, peu importe le courant, mais ne jamais se laisser emporter par le vent.Et comment ?L’attention voilà tout, « tendant vers » ce que ne nous savons importants, ce qui nous tracasse au fond, et ne nous laissant pas mourir sous la lourdeur de « l’attention » en quittant le champ de bataille de la réflexion.Contempler la tension qui se tend devant nous, osant respirer avec peine, là où l’espace pourtant ne manque pas.Choisissez malgré le vertige.La vue fixée sur un paysage vacillant, sur un bateau au loin un bonhomme crie, « l’intelligence artificielle va tous nous rendre cons ». Ils criaient tous cette fois mis à nu par l’intelligence artificielle, toujours les mêmes. Tous persuadés, qu’ils pouvaient et voulaient sauver le monde, tout certain d’avoir vu plus clair, ce que personne n’avait jamais vu.Tous des prophètes, tous à leur façon plus ou moins unique, mais toujours plus véridique pour condamner le monde. La solution est partout…Et puis moi, spectateur, acteur ou reflet, comme toujours, subissant une révélation sous l’instant, j’oublie que je fais aussi peut-être partie de l’un des courants. J’ignore jusqu’à où s’étend la marche vers notre destinée, cet écart, la perspective, l’attention qui nous permet l’accès unique au volant, équivalent donc aux choix de la direction.Le reste suit tout seul…Me lis-tu en espérant, peut-être pour y voler une toute petite direction ? Une approche à t’approprier… ? Une béquille sur laquelle t’appuyer ? Ou même une permission ?Pourquoi me demander moi, la machine te fournira bien plus de graphes, chiffres, arguments et résultats, comme ça, tu pourras bien choisir entre ce qui te plaît et ce qui ne te plaît pas.C’est de ce genre d’incertitude que naît ce genre de concours, n’est-ce pas ?Oui je sais bien, Tantale il te manque en information, donc ne te sens pas obligé de cesser l’agitation, c’est un rôle majeur, le catalyseur de ton humiliation, pour mon spectacle intitulé provocation.Bats-toi, avec ta propre incertitude, pas avec celle que tu cherches si désespérément à emprunter et cesses de fouiller tel un lâche, dans mes mots. Tu sais très bien que la pénurie n’est pas parmi mes écrits, mais la carence se manifeste ici, tel un chiffonnier d’avis, tu préfères qu’on te murmure : « Vas-y penses comme ceci……. »Quelle naïveté, tu pensais pouvoir te laisser persuader.Il me semble que, cela va suffire pour l’instant, vous en savez assez sur les questions, sur ma personne, sur mes idées et ce que je tiens à vous montrer face à nous et aux miroirs que nous avons créés.
Toiles@Penser