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La laïcité est féministe

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Description[1]La laïcité : un principe d’égalité pour vivre ensembleLa laïcité n’est ni une guerre contre les religions ni une forme d’athéisme. C’est d’abord un principe juridique, reconnu comme tel par la Cour européenne des droits de l’homme, qui permet à toutes les religions et à toutes les convictions philosophiques de coexister sur un pied d’égalité.Au cœur de ce principe se trouve une idée simple : aucune religion ne doit prendre le dessus sur les autres, qu’il s’agisse de l’islam, du christianisme ou de toute autre tradition. En Belgique, cette exigence d’égalité s’inscrit dans une histoire bien précise : au fil des décennies, la société s’est sécularisée, c’est-à-dire qu’elle s’est progressivement libérée de la domination d’un courant religieux qui dictait autrefois la manière de penser, de légiférer et de vivre.Cette exigence est d’autant plus urgente aujourd’hui que le climat est fortement polarisé. Les discours racistes, sexistes, intégristes se multiplient. Un courant masculiniste très actif prospère sur les réseaux sociaux, qui sont, pour beaucoup de jeunes, la première source d’information, ce qui est assez inquiétant.Dans un tel contexte, la laïcité offre un socle commun. Son étymologie – laos, en grec, ce qui unit le peuple – rappelle qu’elle vise précisément ce qui rassemble les Hommes, et non ce qui les sépare.Concrètement, la laïcité repose sur quelques grands principes :la séparation des Églises et de l’État ;la liberté de conscience et de religion, c’est-à-dire la liberté de croire, de ne pas croire, de manifester sa religion ou de choisir de ne pas l’afficher ;la primauté de la loi civile sur tout précepte religieux ou philosophique.Cela signifie qu’aucune doctrine ne peut justifier, par exemple, que les femmes soient considérées comme inférieures aux hommes. La liberté de religion ne donne pas le droit de choisir sa propre source de droit : pour toutes et tous, la référence commune reste la loi votée démocratiquement par les hémicycles.À cela s’ajoute un principe décisif pour le féminisme : l’égalité de traitement. Égalité entre les convictions, mais aussi égalité entre les citoyennes et les citoyens, donc entre les femmes et les hommes.La laïcité, ainsi comprise, n’est pas un principe froid ou abstrait. Elle protège, elle libère – y compris les religions elles-mêmes – des dérives fondamentalistes. Partout dans le monde, et tout particulièrement dans les régimes théocratiques, on constate que les femmes sont les premières visées lorsque la religion devient un instrument de pouvoir politique.Le féminisme : donner réalité à un principe de droitLe féminisme, lui, n’est pas inscrit comme tel dans les codes juridiques. C’est un mouvement vivant, politique, social, intellectuel, qui s’organise pour que l’égalité entre les femmes et les hommes – principe, lui, bien présent dans la Constitution, notamment aux articles 11 et 11bis – devienne une réalité.Le féminisme s’attaque à tout ce qui, aujourd’hui encore, entretient les inégalités de genre : habitudes sociales, normes culturelles, structures politiques, discours religieux.Ses valeurs centrales sont faciles à formuler, mais difficiles à faire respecter :l’égalité : des droits, des salaires, de l’accès à l’éducation, aux responsabilités, aux lieux de pouvoir ;la liberté : choisir son travail, disposer de son corps, vivre sa sexualité, décider de sa maternité ;l’autonomie : pouvoir décider de sa vie sans être tenue par la peur de perdre son revenu, par la pression familiale, par la culpabilisation religieuse ou par la violence psychologique ou sexuelle.Le féminisme cherche, très concrètement, à transformer la société pour que femmes et hommes bénéficient des mêmes droits, des mêmes chances et de la même reconnaissance, dans tous les domaines.Ce qui rassemble la laïcité et le féminisme : l’émancipationLorsque l’on met côte à côte la laïcité et le féminisme, un mot s’impose : l’émancipation.S’émanciper, c’est pouvoir, à un moment de sa vie, prendre de la distance par rapport à son milieu d’origine, à son quartier, à sa famille, à sa communauté, à sa tradition religieuse. C’est pouvoir dire : « Je choisis ma vie », même si ce choix reste difficile, même s’il se heurte à des résistances.La laïcité et le féminisme partagent cette ambition : permettre à chacun et chacune de se dégager des diktats imposés – par la société, par les médias, par la famille, par les traditions ou par la religion – pour devenir véritablement sujet de sa propre existence.Dire que « la laïcité est féministe », ce n’est donc pas un slogan de circonstance. C’est reconnaître que la laïcité, par ses valeurs d’égalité, de liberté et d’émancipation, est un outil puissant pour sortir d’une organisation patriarcale où la femme est placée en dessous de l’homme.Quand les textes sacrés hiérarchisent les sexesQue l’on soit croyant·e ou non, un constat s’impose à la lecture des textes fondateurs des trois grandes religions monothéistes, tels qu’ils ont été rédigés : on y trouve une hiérarchisation claire entre les sexes.Les exemples sont connus : Ève créée pour Adam et à partir d’Adam ; Marie présentée comme « servante du Seigneur » ; la menstruation associée à l’impureté dans la Torah ; l’héritage féminin réduit de moitié dans certains contextes du droit islamique, et le témoignage de la femme qui pèse moins que celui de l’homme.Dans ces traditions, Dieu et ses émissaires sont presque toujours des figures masculines. De plus, un point commun majeur traverse les trois monothéismes : l’injonction, plus ou moins forte, de cacher le corps des femmes. Celles-ci sont sommées de se couvrir pour éviter de « tenter » les hommes, comme si le désir masculin était, par nature, incontrôlable et que le corps féminin devait en porter la responsabilité.Ce regard construit un corps féminin perçu comme dangereux, source de trouble, donc à encadrer, à dissimuler, à contrôler. D’un côté, l’homme qui sait, qui parle, qui décide ; de l’autre, la femme à qui l’on demande d’écouter, d’obéir, de se taire.La laïcité féministe consiste précisément à interroger ces héritages, à les nommer, et à dire : ce qui relève de la foi personnelle ne peut pas se transformer en norme imposée à toutes les femmes.Une articulation politique… et un malentendu belgeEn France, ce lien entre laïcité et féminisme est souvent porté par des figures situées à gauche. François Hollande a ainsi décrit la laïcité comme une condition de la vie en commun, des libertés, de l’égalité femmes-hommes et de l’émancipation. La philosophe Catherine Kintzler va plus loin en affirmant qu’une société réellement féministe est impossible sans laïcité. Elle parle de « respiration laïque » : ce souffle qui permet aux femmes de ne plus être réduites à leur fonction de reproductrices.En Belgique, la situation est plus paradoxale. La laïcité est souvent associée à la droite, voire à l’ultradroite, qui n’est pas la plus sensible aux enjeux féministes. À l’inverse, les mouvements qui se revendiquent féministes se situent plutôt à gauche, tandis que les forces qui se disent laïques se trouvent davantage à droite. Résultat : rares sont les acteurs qui assument pleinement une position à la fois laïque et féministe.Une histoire commune : de la Révolution à aujourd’huiPourtant, l’histoire montre combien laïcité et féminisme avancent souvent ensemble.Olympe de Gouges, en 1791, rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, deux ans après la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Elle part d’un constat simple : si les femmes sont des êtres humains, il n’existe aucune raison valable de leur refuser les mêmes droits qu’aux hommes.Plus près de nous, Lucia De Brouckère préside en 1934 la section belge du Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme, où se retrouvent féministes, pacifistes et militantes laïques. Ensemble, elles luttent contre la montée des totalitarismes.Dans les années 1970, le gynécologue Willy Peers est arrêté pour avoir pratiqué des avortements clandestins. Il agit dans un contexte dominé par les partis socio-chrétiens, farouchement opposés à la dépénalisation. Le mouvement laïque se mobilise pour obtenir sa libération et faire avancer la dépénalisation partielle de l’avortement, au nom de la santé et de la liberté de choix des femmes.Simone de Beauvoir, enfin, marque durablement les esprits avec sa phrase devenue célèbre : « On ne naît pas femme, on le devient ». Elle résume l’idée que l’infériorité des femmes n’est pas un fait de nature, mais le résultat d’une éducation, de normes et de rôles qui leur sont assignés dès l’enfance.Aujourd’hui encore, des femmes comme Nawal El Saadawi, Farida El Nacach ou Sophie Bessis montrent que les discours sur l’infériorité des femmes traversent les trois monothéismes, et qu’ils se prolongent parfois, même lorsque le cadre religieux recule, dans la sphère familiale : pères qui interdisent à leurs filles de sortir, de choisir leurs fréquentations, de vivre leur vie.Toutes ces voix, d’hier et d’aujourd’hui, plaident pour une laïcité réelle, assumée, et non pour une simple « neutralité molle » qui laisse les conflits de valeurs se régler au cas par cas, au prix de tensions permanentes et d’injustices répétées.La neutralité qui enferme, la laïcité qui clarifieEn Belgique, le principe de neutralité, tel qu’il est appliqué aujourd’hui, conduit souvent à des « accommodements raisonnables » : dispenses de cours de gymnastique ou de natation, aménagements particuliers, statuts différenciés selon la religion ou le sexe. Sous couvert de tolérance, ces dispositifs finissent parfois par enfermer les femmes dans des cases.On le voit aussi dans la vie politique, avec l’ascension de partis qui instrumentalisent la religion à des fins électorales, ou dans les débats sur le voile à l’école, l’abattage rituel, ou encore le contenu des cours de religion.La Cour européenne des droits de l’homme a rappelé, dans un arrêt concernant la Turquie, qu’un État peut, dans certaines conditions, interdire un parti qui menace les principes fondamentaux de l’ordre démocratique au nom d’une vision rigoriste de la religion. Elle a validé l’interdiction de ce parti en 2003, confirmant explicitement la laïcité comme principe légitime de protection de la démocratie.L’école : un laboratoire du « vivre ensemble »L’école est sans doute l’un des lieux où ces tensions apparaissent le plus clairement.Le cours d’éducation à la citoyenneté, à la philosophie et à l’histoire comparée des religions vise à mettre les religions en perspective, à les comparer, à donner des outils de compréhension. Pourtant, faute d’un choix clair en faveur d’un enseignement pleinement laïque, ce cours ne bénéficie que d’une heure, l’autre restant consacrée aux cours de religion ou de morale, choisis par les parents.Concrètement, une fois par semaine, les élèves sont séparés selon la religion de leurs parents. Il n’existe pas, pour ce moment-là, de véritable espace commun où l’on pourrait déconstruire les préjugés, discuter de ce qui se dit sur les religions à la télévision ou sur les réseaux, interroger les représentations, notamment sur la place des femmes.Les programmes des cours confessionnels étant peu encadrés, certains enseignants font un travail remarquable, alors que d’autres véhiculent des propos révisionnistes, haineux ou créationnistes. Dans certaines écoles, un climat de tension s’installe, au point que des enseignants s’autocensurent, n’osent plus aborder certains sujets, ni enseigner certaines théories. Des cours comme la biologie, le théâtre, la gymnastique ou la natation deviennent des terrains de conflit, avec des conséquences directes sur l’égalité entre les élèves, et particulièrement sur la liberté des filles.À cela s’ajoute la question des signes convictionnels. Dans les tribunaux, la neutralité est globalement respectée. À l’école, en revanche, l’absence de cadre clair laisse chaque direction décider. Résultat : une mosaïque de règlements, des recours en justice à répétition, des décisions contradictoires, et, au final, une inégalité de traitement entre élèves et entre enseignants.Le Pacte scolaire de 1958 avait pourtant posé une base claire : coexistence entre écoles officielles et libres, financement équitable, liberté de choix des parents, et neutralité de l’enseignement public. Laisser certains courants religieux ou philosophiques s’imposer dans l’école publique revient à s’éloigner de cet équilibre.C’est dans ce contexte que l’idée d’un cadre inspiré de la loi française de 2004, interdisant les signes religieux ostensibles dans l’enseignement public, refait régulièrement surface. La Cour européenne a validé cette loi, en rappelant que la laïcité est une valeur fondamentale de l’État et qu’il est légitime de poser des limites à l’expression religieuse pour protéger les mineurs et garantir un espace commun.La laïcité comme cadre protecteurAu-delà de l’école, la même question se pose dans la fonction publique : gouvernements, administrations, entreprises publiques. Les agents ont des droits, bien sûr, mais ils ont aussi une responsabilité particulière lorsqu’ils agissent au nom de l’État. La neutralité n’est pas là pour nier leurs convictions, mais pour garantir que le service rendu le soit à toutes et tous, sans pression ni message implicite.Cela est particulièrement sensible dans les services qui accueillent des personnes vulnérables, comme les demandeurs d’asile. Lorsque des femmes fuient un régime où un signe religieux leur est imposé sous peine de sanctions, et qu’elles retrouvent ce même signe sur la tête de la personne qui les reçoit dans le pays d’accueil, quelque chose se fissure dans la promesse de protection.La neutralité, dans ce cas, n’est pas un luxe théorique : elle devient une forme d’hospitalité, une manière de dire à ces femmes qu’elles ne devront plus se soumettre aux mêmes codes pour être en sécurité.En guise de conclusion : une laïcité pour toutes et tousAu fil de ces exemples, une impression se confirme : inscrire explicitement la laïcité dans la Constitution ne serait pas un geste symbolique de plus, mais une manière de clarifier les règles du jeu dans une société traversée par des tensions fortes.Il ne s’agit pas d’opposer croyants et non croyants, ni de nier la dimension spirituelle de la vie de nombreuses personnes. Il s’agit de garantir un cadre commun où chacune et chacun puisse vivre librement sa conviction – ou son absence de conviction – sans subir la domination d’un courant particulier, et sans que les femmes, une fois de plus, en paient le prix.Pensée avec le féminisme, la laïcité devient alors un outil concret pour protéger les droits fondamentaux, prévenir les pressions religieuses ou communautaires, et rendre possible un véritable « vivre ensemble » fondé sur l’égalité des sexes et la reconnaissance de chaque individu comme sujet autonome.[1] D’après la conférence de Sophie ROHONYI, La laïcité est féministe, organisée par l’Association Laïque de Waterloo, la Maison de la laïcité Galilée de Genappe et La Pensée et les Hommes, le 20 novembre 2025. Sophie ROHONYI est une personnalité engagée sur de nombreux enjeux qui touchent à la vie en société et au « vivre ensemble », avec une sensibilité particulière aux injustices sociales. Juriste de formation, elle a travaillé au Centre d’Action laïque avant de s’engager en politique et de devenir députée. Elle est aujourd’hui présidente de la formation politique DéFI. Sophie ROHONYI a également présidé, durant deux ans, le Conseil des femmes francophones de Belgique, association pluraliste qui rassemble des femmes de tous horizons politiques – de gauche, de droite et du centre. Ses membres se retrouvent autour de l’idée d’un féminisme universaliste, par opposition à certaines approches se réclamant de l’intersectionnalité et qui tendent à enfermer les femmes dans des catégories. Ce féminisme universaliste, tel qu’il est défendu au sein du Conseil, se veut indissociablement égalitaire et laïque.
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